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Concours Jean-Claude Cassaing : un docteur d'XLIM récompensé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le vendredi 27 avril 2018, l’Université de Limoges, le Conseil Régional Nouvelle-Aquitaine et l’AVRUL (Agence pour la Valorisation de la Recherche Universitaire du Limousin) ont récompensé 3 Docteur.e.s, diplômés de l’Université de Limoges en 2017, pour la 14e édition du Concours de thèse Jean-Claude Cassaing 2018.

Le jury a auditionné les 11 finalistes et a retenu 3 lauréats qui ont remporté un Prix d’un montant de 3000 € chacun.

Erwan Capitaine, du laboratoire XLIM (École Doctorale "Sciences et Ingénierie pour l'Information, Mathématiques"), a remporté le Prix de l’Innovation remis par le Conseil Régional de la Nouvelle-Aquitaine pour ses travaux portant sur l'identification des bactéries grâce à des lasers.

Sophia Sellami a remporté le Prix de Thèse remis par l’Université de Limoges et Florent Le Guern a été récompensé par le Prix de l’Entrepreneuriat remis par l’AVRUL.

Nous sommes allés à la rencontre d’Erwan, lauréat du Prix de l’Innovation.

> Quel était le sujet de vos travaux de recherche ?

« Le sujet était le développement d’un microscope allié avec un spectromètre Raman cohérent à bande ultra large. Un spectromètre Raman peut, d’ordinaire, donner la composition chimique d’un échantillon biologique grâce à l’excitation de ses molécules qui se mettent alors à vibrer. Néanmoins, cela demande un temps de mesure des vibrations assez long (entre 1 seconde à 10 secondes). Le recours à une technique de spectroscopie Raman cohérente permet de réduire ce temps de mesure, car, dans ce cas, les molécules vibrent ensemble, soit de manière cohérente. Le problème, c’est que lorsqu’on fait du Raman cohérent, on ne peut sonder qu’une vibration à la fois, du fait de la monochromaticité des lasers excitateurs : la différence d’énergie des photons des lasers ne peut correspondre qu’à l’énergie d’une seule vibration moléculaire. Cela peut être contourné en remplaçant un des lasers par une spécialité du laboratoire XLIM : le laser blanc. Ce dernier contient un continuum de fréquences, ce qui lui donne sa couleur et ce qui permet de sonder plusieurs vibrations. »

> Quel était l’objectif de ces travaux, en quelques mots ?

« Mes travaux avaient pour objectif de monter un tel micro-spectromètre (alliance du microscope et du spectromètre) afin qu’il soit utilisé dans un projet de recherche plus vaste : le projet NEOSPRAM. Ce projet vise le développement d’un appareil capable de prélever un échantillon atmosphérique, d’y détecter des objets biologiques (notamment des bactéries pathogènes) et de l’identifier dans une base de données. La partie détection de l’appareil m’a ainsi été confiée sous la forme de cette thèse. »

> Pourquoi avoir choisi le laboratoire XLIM, de l’Université de Limoges, pour votre thèse ?

« En premier lieu, j’ai étudié les sujets de thèse proposés plutôt que le cadre de ces thèses. Ensuite, j’ai été séduit par l’environnement familial du laboratoire, le lien direct entre les différents domaines d’étude. Je voulais éviter les édifices labyrinthiques et les administrations kafkaïennes. »

> Vous êtes lauréat du Prix de l’Innovation, quel est votre ressenti ?

« Je suis heureux, d’abord parce que quelqu’un s’est intéressé à mes travaux. C’est très gratifiant de savoir que son manuscrit de thèse n’est pas utilisé (seulement) pour caler une armoire. Plus sérieusement, il est très difficile d’avoir du recul sur ses travaux, peut-être est-ce en partie dû à la rédaction du manuscrit de thèse qui distord notre vision. Bien sûr, la soutenance de thèse nous permet d’avoir un retour de la part des spécialistes du milieu, mais ce prix de l’innovation me prouve que j’ai aussi pu atteindre, la sphère plus distante, de la communauté « civile », et ça, c’est autant un soulagement qu’une source de fierté. »

> Quels sont vos projets professionnels pour l’avenir ?

« Aujourd’hui, je suis en stage post-doctoral au CEA de Grenoble où je continue à travailler sur de nouveaux procédés de spectroscopie, mais toujours dans le but d’étudier des objets biologiques (tissus, cellules ou bactéries). J’hésite encore entre m’insérer dans le public ou dans le privé. Le CEA qui est vraiment à l’interface des deux mondes me permet de mûrir mon choix. »

> Quelles sont les qualités essentielles pour se lancer dans une thèse ?

« La qualité indispensable, qui semble être une lapalissade, c’est d’être intéressé par son sujet de thèse. C’est le conseil que font beaucoup de professeurs de master en prévenant que si un thésard peut parfois connaître des moments compliqués, ces difficultés ne pourront être qu’amplifiées si on n'est pas vraiment intéressé. »

> Quel(s) conseil(s) donneriez-vous à ceux qui souhaitent, comme vous, faire une thèse ?

« Ne jamais désespérer et ne pas hésiter à intégrer le tissu associatif des doctorants du laboratoire qu’ils choisiront…et s’il n’existe pas (ou plus) de le renouveler. »